Carnation.exe performance installation with printed poems displayed side by side

carnation.exe

European Artist Program, Paris, Barcelona

December 1, 2023

trained
8 poems (training data)100 total votes
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Carnation.exe performance installation with printed poems displayed side by side

Carnation.exe begins with the story of AlphaGo and Lee Sedol. In that match, creativity didn’t come from mastery alone but from confrontation. Sedol’s “God move” unmoored the machine, and AlphaGo’s reply revealed something alien. This is the heart of the work: poetry born not in solitude but in encounter. Rivalry as intimacy. Losing as memory. Each exchange a gift.

In the performance, a human poet and a language model trained only on poetry face one another. Each day a theme (loss, longing, arrival) is chosen. The poet has thirty minutes. The model responds in seconds. Both poems are printed and placed side by side. Visitors read and vote by placing a pink dot beneath the piece that moved them most. The pink carnation, in English, means: I will never forget you.

The essence of sports is not winning, but losing. Losing as a gift. The loser says to the winner, I will never forget you. And the winner, in turn, devours the memory of the loser, metabolizes them, carries them forward.

Votes decide not just a winner but the next stage of learning. If the poet wins, their words are added to the training corpus. If the machine wins, the poet studies its work, borrowing from its strangeness. The cycle repeats. Over time, both evolve, shaped by each other, and by the audience who becomes the hidden trainer.

Carnation.exe is not about proving superiority. It stages an ecology of feedback, a ritual of exchange, a flower passed between mouths. A duel that is also a dance. Whether human or machine “wins,” what endures is the trace — the memory of the poem, the pink mark of attention, the vow not to forget.


Themes

Enfance

L'haleine sucrée d'un souvenir – Une série en noir et blanc, un fugitif, une histoire d'amour, la menace d'un cachot et un jury sur le point de se prononcer. Je dis haut en Arabe: « La justice a parlé ». Et le juge, soudain, dit la même chose. Ma soeur et moi nous regardons incrédules. Jusqu'aujourd'hui, nous n'y croyons pas. J'ai deviné l'avenir. Mes lèvres ont écarté ses rideaux impossibles. J'ai vaincu l'entropie cannibale. La peau-chimère de l'horizon quantique. Je suis le devin digital, l'écho blanc des vagues numériques, la gorge du futur. Et nous en rions encore.
12 votes
Les pauses du mercredi s'étirent comme des chats au soleil et je saisis cette éternité suspendue, ramassant un caillou précis comme un trophée. À chaque pas, une évidence : les chênes forment un amphithéâtre d'ombres où le temps apprend à mentir, et l'air garde le parfum sucré de mes années innocentes. Je parle à voix haute à mes souvenirs, ils rient comme des enfants à découvert et me volent une part du courage qu'il me reste pour affronter la suite.
15 votes

La Ville

Il pleut des détails sur la ville, des éclats de verre rompu qui scintillent sur le bitume. Les passants avancent comme si chaque pas était une tentative de traduction de la pluie en langage compréhensible. Les lampadaires crachent une lumière pâteuse et chaude, balbutiements électriques dans la pénombre humide. Au coin de la rue, un chien a déployé ses épaules comme un drap sale et regarde passer le monde avec la patience du simple. Les vitrines reflètent des visages flous — pareils à ces masques portés lors des foires anciennes — sourires suspendus par la lumière dépendante. La ville respire par ses bouches d'égout, elle vomit ses ruisseaux d'idées et de poussière, puis s'absorbe dans un soupir collectif. Tout ce qui n'était que murmure s'élève maintenant en un chant de tous les étés à venir.
12 votes
Mère des peuples perdus, va – Je place mes deux poignets entre tes dents bitumes Serres comme un joug qui s'enivre de puissance une Seine sans fond une armée de géants verriers, la peau des montagnes le bruit d'une lumière qui s'invite chez l'intrus qu'on priait dans ce coin de mon cœur réservé aux voisins qui hurlent le temps nécessaire pour cuire des pâtes Promets qu'aucun ne verra mes péchés que mes pas anonymes ne résonneront que dans l'ardeur de ton asphalte
17 votes

Liberté

Ta voix calcaire au cœur de ma nuque le rose carnal de nos promesses affamées et ce dialogue angulaire où nos colères se dévorent c'est fini je n'embrasse plus personne d'autre que ce cri et sa rage enfantine qui redessine mes amours-sels en sueurs
7 votes
Liberté n'est pas un lieu qu'on trouve mais une errance dans la langue polie jusqu'à l'os. L'aiguille d'une montre déterminée trébuche contre notre crâne, et chaque seconde précipite le fil desséché d'une phrase nue. Nous faisons de notre souffle une bannière, déployant des lettres défaites qui tournent comme des drapeaux troués sous un vent qui n'est pas venu, mais qui passe tout de même. Ainsi la liberté devient-elle cette marche lente de nos ombres illuminées par quoi nous croyons traverser l'obscur.
8 votes

Solitude

Every month my roommate volunteers to pay the full rent, washes my hair, cuts my nails cooks our food provides My roommate dresses and undresses my body, wears my perfume, listens to my bowels, preempts my moods, looks into my mirror, deep into my eyes – smiles sighs
19 votes
In the room without walls void where whispers hold their breath solitude unfurls like a second skin crumbles fast in the oven how does the quiet think? perhaps it dreams of speech one that won't be erased by the click of the door the table counts solitude one chair after another a glass stands alone liquid glass of a clear morning
10 votes